Alors que pour l’homosexualité, il existe une orientation sexuelle différente, dans le transsexualisme, le genre mental ne correspond pas au genre génétique.
La formation de l’identité sexuelle est un processus qui accompagne le développement de l’individu dès les premières étapes de la vie embryonnaire, à travers une série d’événements impliquant des facteurs génétiques et des sécrétions hormonales agissant sur le produit de la conception en développement.
Cependant, ce processus est également influencé par l’environnement. Au moment de la naissance, l’apparence et l’appareil génital externe du nouveau-né déterminent le comportement de ses proches à son égard ; si le nouveau-né est de sexe masculin, il sera habillé dans les couleurs qui distinguent socialement les hommes et on lui attribuera des jouets typiquement masculins. En revanche, si c’est une fille qui naît, on lui offrira des petites robes roses et des jouets de filles.
Si la maturation psychosexuelle était un processus clair et linéaire, nous devrions supposer qu’un enfant, né avec des chromosomes XY et des organes génitaux masculins et considéré comme un garçon par sa famille, devrait se percevoir comme appartenant au genre masculin et, par conséquent, choisir une partenaire de sexe féminin à l’âge adulte.
Mais cette HYPOTHÈSE est loin d’être une certitude absolue ! Pourquoi l’homosexualité et la transsexualité existent-elles ? Plusieurs théories étiologiques ont été développées pour expliquer l’apparition de ces deux phénomènes.
En ce qui concerne l’homosexualité, la théorie psychanalytique suppose l’existence de traumatismes infantiles ou la non-résolution d’un stade spécifique de l’évolution sexuelle qui déterminerait chez l’enfant une homosexualité manifeste, par opposition à l’homosexualité latente ou inconsciente, présente également chez les hétérosexuels.
Freud affirmait que la présence et le comportement du père étaient fondamentaux dans la petite enfance, en particulier pendant la période où le garçon traverse le complexe d’Œdipe. Une figure maternelle beaucoup plus forte et présente que le père inciterait le garçon à s’identifier à la mère dans le but de renverser l’autorité paternelle. Cette attitude conduirait à choisir un objet d’amour masculin plutôt que féminin.
Les recherches biogénétiques ont montré que la probabilité que des jumeaux homozygotes, c’est-à-dire nés de la même cellule œuf, soient tous deux homosexuels est de 60 %. Bien que cette découverte ne soit pas la preuve évidente que l’homosexualité a une cause franchement génétique, ce que nous pouvons supposer à ce jour, c’est qu’il existe une prédisposition.
Cependant, ces données ne doivent pas être interprétées en donnant à nouveau de l’espace à l’hypothèse initiale qui définissait l’homosexualité comme une maladie. Les théories biologiques ont en effet démontré que l’ orientation sexuelle, exprimée chez les personnes homosexuelles comme une attirance sexuelle et sentimentale entre individus du même sexe biologique, peut également être influencée par d’autres facteurs, notamment hormonaux.
Contrairement à l’homosexualité, pour laquelle ce qui change, c’est l’orientation sexuelle, dans le transsexualisme, le genre mental et psychosexuel ne correspond pas au genre génétique, hormonal et phénotypique. En d’autres termes, on peut dire qu’il y a une femme emprisonnée dans le corps d’un homme et vice versa.
Une autre différence entre l’homosexualité et le transsexualisme, dont l’étiologie est encore incertaine (altérations de la sécrétion hormonale, exposition fœtale excessive aux œstrogènes, etc.), est que ce dernier est, à tous égards, un trouble de l’identité de genre . Si, contrairement à l’homosexualité, la transsexualité est codifiée comme un trouble, elle nécessite alors une approche thérapeutique multidisciplinaire impliquant des psychologues, des endocrinologues et des chirurgiens et dont le but ultime est d’éliminer la discordance entre l’image corporelle réelle et celle ressentie intimement.
Par Dr Erika Limoncin – Licence en sexologie – Université de l’Aquila (coordinateur Prof. E. A. Jannini)

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