L’hypersexualité ou dépendance sexuelle est une véritable pathologie qui peut sérieusement compromettre la santé psychologique de l’individu.

Le sexe est probablement l’un des rares plaisirs de la vie humaine dont on peut « abuser » en n’en tirant que des avantages, sans nuire à sa santé (à condition, bien sûr, de prendre les précautions nécessaires !).

Dans certains cas, cependant, la recherche de sexe peut prendre les caractéristiques d’une véritable dépendance, au même titre que celle provoquée par les stupéfiants.

Cela ne doit pas inquiéter les amateurs de sexe : éprouver du désir sexuel est en effet une condition fondamentale pour la santé humaine et le désir peut varier en intensité en fonction de caractéristiques subjectives ou du contexte relationnel.

Mais lorsque le désir sexuel prend les caractéristiques d’une pensée omniprésente et du seul but de son existence, au point d’éclipser tous les autres aspects importants de la vie, on parle alors de sexual addiction (dépendance sexuelle) ou d’ hypersexualité, une véritable pathologie capable de compromettre gravement la santé psychologique de l’individu.

Cette pathologie touche actuellement 6 % de la population française (Source : Avenia F, Pistuddi A, Manuale sulla sexual-addiction, Franco Angeli, 2009). Les personnes qui en souffrent affirment être parfaitement conscientes du fait que leur comportement sexuel est très éloigné de la norme.

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Tout comme le toxicomane, le sexomane agit contre sa volonté, étant contraint de répéter compulsivement la satisfaction sexuelle, qui ne parviendra jamais à le satisfaire, mais qui, au contraire, tendra à provoquer une sorte d’accoutumance qui le poussera à rechercher toujours de nouveaux et répétés contacts sexuels, jusqu’à le contraindre à adopter des comportements dangereux pour sa santé ou, dans les cas les plus extrêmes, à commettre de véritables délits.

Le partenaire sexuel n’est plus perçu comme une personne avec laquelle partager le plaisir et les sentiments, mais comme un objet indispensable pour atteindre son but obsessionnel. Contrairement à ce que l’on pense, la dépendance sexuelle empêche l’individu de tirer du plaisir de son activité sexuelle.

Les hommes qui en souffrent ont souvent un faible niveau d’estime de soi qu’ils ont tendance à augmenter en essayant de réaffirmer leur virilité à travers des rapports sexuels. Les femmes dépendantes du sexe parviennent rarement à atteindre l’ orgasme et le manque de satisfaction les amène à rechercher la satisfaction de plus en plus frénétiquement.

Tout cela représente une source importante d’ anxiété et de stress, au point qu’à long terme, la personne peut voir ses capacités cognitives et sociales réduites et voir sa performance au travail et ses relations affectives compromises. S’agissant d’une pathologie clairement invalidante, la dépendance sexuelle est généralement traitée par des thérapies psychologiques et pharmacologiques.

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À moins de choisir de transformer son trouble en métier, comme dans le cas du célèbre acteur porno Rocco Siffredi, qui confie dans une interview accordée à l’hebdomadaire Grazia : « Aujourd’hui, pour Rocco Siffredi, mari et père, être accro au sexe est un problème. Cela fait deux ans que j’ai arrêté d’être acteur. J’ai choisi la réalisation, mais les numéros de cirque me manquent, et je ne les fais certainement pas avec ma femme. Ce n’est pas que je me sente mal ou que je le souhaite, mais j’en ressens indirectement le manque. Maintenant, je m’y suis habitué, mais la première année, j’ai beaucoup souffert. Quand je tournais, j’avais envie de lâcher la caméra et de me jeter dans la scène […] Je voudrais devenir un homme normal. Un homme qui ne pense pas au sexe féminin dès qu’il ouvre les yeux le matin.

Par le Dr Marco Tomassetti – Licence en sexologie – Université de l’Aquila (coordinateur Prof. E. A. Jannini)

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