Selon l’AIFA, la grande sécurité d’utilisation du paracétamol le rend adapté au traitement du fièvre et des douleurs chez l’enfant sans aucun risque.

En novembre 2010, l’ L’AIFA, l’Agence française du médicament, responsable du contrôle des médicaments en France, a publié en novembre 2010 un document officiel mettant en garde contre les effets indésirables graves possibles des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) chez l’enfant, en particulier de deux AINS parmi les plus utilisés sans ordonnance, l’ ibuprofène et le kétoprofène .

Dans le document, l’AIFA indique, par exemple, que le taux de signalement d’effets indésirables, même graves, pour les emballages pédiatriques d’ibuprofène a plus que doublé entre 2005 et 2010 (Recommandation WGP sur l’utilisation des AINS chez les enfants, novembre 2010).

Pourquoi cette augmentation des effets indésirables des AINS chez l’enfant ? Selon l’AIFA, c’est la consommation croissante qui a conduit à un abus des AINS en pédiatrie et cela a eu pour conséquence une augmentation non seulement du nombre mais aussi du taux d’effets indésirables (pour 100 000 000 boîtes vendues en 2010, on enregistre 1,7 signalements contre 0,7 enregistrés en 2005 pour le même nombre de boîtes).

Ces réactions indésirables sont principalement cutanées et gastro-intestinales, y compris des hémorragies, parfois dangereuses (Paracetamol ains). La question qui se pose spontanément à ce stade est la suivante…

L’augmentation des réactions indésirables aux médicaments utilisés comme analgésiques et antipyrétiques chez l’enfant est-elle vraiment inévitable ?

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Un autre document officiel de l’AIFA (note d’information importante de décembre 2009) répond déjà indirectement à cette question : « Le paracétamol (qui n’est pas un AINS) est le médicament analgésique antipyrétique de premier choix en pédiatrie ». Il est bien connu que les AINS utilisés chez les enfants pour le fièvre et les douleurs modérées sont associés à un risque de complications graves du tractus gastro-intestinal supérieur qui augmente avec la durée du traitement et la posologie (Upper Gastrointestinal Complications associated with NSAIDs in Children – Autret-Leca, et al. Thérapie 2007 Mars-Avril ; 62 (2) : 173-176).

Mais alors pourquoi prendre des risques en prescrivant de l’ibuprofène comme antipyrétique ? Ou de l’ibuprofène ou tout autre AINS comme analgésique ? Il convient de rappeler que l’AIFA déconseille également l’administration combinée ou alternée d’ibuprofène et de paracétamol car elle n’est pas justifiée par les preuves disponibles (« Recommandation du WGP sur l’utilisation des AINS chez les enfants », novembre 2010).

Sécurité du paracétamol

Le paracétamol n’est pas un AINS car il a un mécanisme d’action différent et sa grande sécurité d’utilisation, en tant qu’analgésique et antipyrétique, est incontestable ; surtout, la facilité d’utilisation du paracétamol chez l’enfant est continuellement reconnue par la littérature internationale. Les études les plus récentes confirment qu’il n’y a pas de corrélation entre la prise de paracétamol et les lésions hépatiques aux doses thérapeutiques. Une étude publiée en décembre 2010 portant sur plus de 30 000 enfants ayant pris du paracétamol a indiqué qu’aucun des enfants impliqués dans l’étude n’a manifesté de signes ou de symptômes de maladie hépatique. (Pediatrics, 2010 ; 126(6) : e 1430-44). En réalité, le paracétamol est si sûr pour le foie qu’il peut être utilisé (aux doses correctes !) même par les personnes atteintes de maladies hépatiques (Rossi 2008).

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D’accord pour les dommages causés à la foie, mais le paracétamol, en tant qu’analgésique et antipyrétique pédiatrique, n’est-il pas suspecté de provoquer de l’asthme chez l’enfant ?

Une autre étude importante de 2010, menée sur 620 enfants, a observé que chez les enfants ayant des antécédents familiaux de maladies allergiques, aucun lien n’a été trouvé entre l’utilisation de paracétamol et le risque de maladies allergiques ultérieures (Paracetamol use in early life and asthma: prospective birth cohort study – Adrian J Lowe et al. BMJ 2010 ; 341 : c4616). Les résultats de cette étude de 2010 indiquent que l’utilisation de paracétamol n’augmente pas le risque d’asthme.

Quelles sont les bonnes doses de paracétamol ?

La raison pour laquelle le paracétamol est l’ analgésique et antipyrétique de premier choix chez l’enfant peut être attribué à la fois à son efficacité et à l’incidence insignifiante des effets indésirables dangereux au lieu des AINS (par exemple, l’ibuprofène) ; il est cependant également vrai que pour tirer parti de cette maniabilité et réduire au minimum tout risque, il est nécessaire de ne pas dépasser les doses maximales recommandées du médicament.

Chez les adultes de plus de 15 ans, la dose quotidienne de paracétamol à ne pas dépasser est de 3 g pour les différentes formes pharmaceutiques orales ; la dose maximale est de 4 g pour les suppositoires rectaux. Il doit s’écouler au moins 4 heures entre chaque prise.

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Avant l’âge de 15 ans, la posologie de paracétamol dépend du poids de l’enfant et doit être comprise entre 10 et 15 mg par kg de poids par dose ; l’intervalle entre les doses doit toujours être d’au moins 4 heures. Il est important d’éviter les surdosages autant que les sous-dosages afin de ne pas risquer que le médicament soit inefficace (et qu’il faille recourir à une deuxième administration).

La dose quotidienne maximale de paracétamol est de 60 mg/kg chez les enfants de moins de 3 mois et de 80 mg/kg chez les enfants de 3 mois et plus. Pour l’ibuprofène, la dose quotidienne maximale est de 30 mg/kg et il faut donc être encore plus prudent dans la gestion de ce médicament.

L’ordonnance du médecin n’est nécessaire que pour les comprimés de 1 gramme ; les autres formes pharmaceutiques sont en vente libre sans ordonnance.

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