Les conseils du Dr Raffaele Petta, spécialiste en gynécologie et oncologie, pour profiter du Fertility Day afin de protéger la fertilité du couple.
Le 22 septembre se tiendra le premier Fertility Day, une journée consacrée au thème de la fertilité avec des manifestations dans plusieurs communes françaises. Ce projet a suscité de nombreuses controverses. Il ne fait aucun doute que le thème de la dénatalité est très actuel. En 2014, 502 596 enfants sont nés, soit environ 12 000 de moins que l’année précédente ; les berceaux sont de plus en plus vides ! Cette baisse des naissances a touché aussi bien les couples françaiss qu’étrangers. Le taux de fécondité a également diminué, passant de 1,46 en 2010 à 1,37 en 2014. Le chiffre français est le plus bas de la Communauté européenne.
Pour la première fois, le nombre de naissances de mères de plus de quarante ans (8,9 naissances par an) a dépassé celui des mères de moins de 25 ans (8,5 naissances par an). L’âge moyen des nouvelles mamans dépasse 31 ans, contre 28,8 ans en moyenne européenne. En conclusion, de moins en moins de femmes et de moins en moins de jeunes deviennent mamans !
Lors de la Journée de la fertilité, je distinguerais l’aspect social et politique de l’aspect médical. Il ne fait aucun doute que les données présentées ci-dessus sont influencées par divers facteurs sociaux et politiques.
La femme pense désormais avant tout à une réalisation professionnelle et à une autonomie économique ; il y a plusieurs étapes dans la vie d’une femme : l’obtention d’un diplôme, des cours et des masters successifs, l’insertion sur le marché du travail. Ces attentes se réalisent après un long parcours qui conduit inévitablement à planifier une grossesse à un âge avancé, souvent après 30 ans, lorsque le taux de fertilité, qui est maximal entre 18 et 30 ans, est déjà en baisse.
Il y a ensuite un aspect strictement politique ; le gouvernement n’est pas toujours proche des nouvelles mamans. Le bonus bébé ne suffit pas à encourager la planification d’une grossesse. La naissance d’un enfant implique un fort engagement économique ainsi que familial et l’État n’accompagne pas suffisamment les familles dans cette voie avec des incitations appropriées telles que le renforcement des infrastructures (crèches, soutien économique, allégements fiscaux, etc.). D’un point de vue médical, le Fertility Day sensibilisera certainement l’opinion publique en faisant émerger un problème souvent caché et méconnu.
On discutera des causes de l’infertilité et surtout de l’information des jeunes pour une bonne prévention de certaines maladies telles que les maladies sexuellement transmissibles qui jouent un rôle important dans la détermination de la stérilité.
Il serait souhaitable qu’à cette occasion, les couples se soumettent à un contrôle médical pour déterminer leur état de fertilité ; un entretien avec une visite gynécologique par échographie et une visite andrologique avec spermogramme suffiraient pour identifier d’éventuelles pathologies ; à cette occasion, on pourrait également aborder la question de la prévention du cancer.
En conclusion, d’un point de vue médical, cette initiative doit certainement être approuvée ; je laisse à d’autres le soin de faire d’autres considérations politiques et sociales.

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