Des études menées par l’Université de Marseille révèlent que les patientes souffrant de troubles alimentaires ont une activité sexuelle moins intense.
La relation entre l’alimentation et la sexualité est très étroite. Il suffit de penser qu’au niveau neuro-anatomique et physiologique, les régions du cerveau responsables du comportement sexuel et de l’alimentation sont fondamentalement les mêmes : le système limbique, et plus précisément l’hypothalamus.
L’histoire de la psychanalyse nous indique également que la pulsion sexuelle et l’instinct alimentaire sont en quelque sorte liés. En ce qui concerne la sexualité dans les troubles alimentaires, la question semble donc plus complexe. À ce jour, le sujet de l’alimentation et de la sexualité est en constante exploration.
De récentes études de l’Université de Marseille, publiées dans le Journal of Sexual Medicine et dans la Rivista di Psichiatria, nous indiquent que les patientes souffrant de troubles alimentaires ont une activité sexuelle moins intense et sont plus enclines à l’auto-érotisme, tout comme les patients obèses ou souffrant de BED (Binge Eating Disorder) ont une fréquence de rapports sexuels plus faible.
Cependant, en diversifiant les caractéristiques des troubles alimentaires, l’observation du clinicien montre que dans l’anorexie mentale, en plus d’un rejet radical de la nourriture, il y a aussi une distanciation du corps et de la sexualité. La personne anorexique travaille tellement son corps, au point de le rendre asexué et ancré dans une image féminine infantile. La femme anorexique, souvent aménorrhéique, n’a pas intériorisé la féminité adulte et n’est pas disposée à grandir.
En revanche, dans la boulimie, la nourriture joue un rôle différent : c’est le moyen par lequel on cherche à combler l’angoisse du vide. La femme boulimique a une relation compulsive avec la nourriture, qui représente le remède contre une angoisse primaire contre laquelle elle ne parvient pas à se défendre autrement.
L’aspect compulsif et autodestructeur de la boulimie alimentaire s’étend également à la sexualité, avec une recherche exaspérée de partenaires sexuels. Chez ces femmes, l’élément de comportements sexuels à risque n’est pas tout à fait secondaire. À ce stade, il est nécessaire d’introduire le BED (Binge Eating Disorder) déjà mentionné, dont la prévalence est plus élevée que celle des autres troubles alimentaires et dont la conformité avec les dysfonctionnements sexuels est très élevée.
Dans le BED, les crises de boulimie sont récurrentes, mais contrairement à la boulimie, il n’y a pas de comportement d’élimination de la nourriture, de sorte que le poids corporel a tendance à augmenter jusqu’à l’obésité. Le BED, trouble qui se caractérise également par une transversalité de genre, est défini par une totale perte de contrôle des pulsions qui se manifeste, justement, par une consommation incontrôlée de nourriture.
Chez les sujets souffrant de BED, la nourriture et la sexualité sont des outils accessoires complètement étrangers aux dimensions du plaisir et du désir. En supposant donc une distinction psychologique et symptomatologique des trois troubles alimentaires décrits, on peut affirmer que la relation que les patients entretiennent avec la nourriture et le sexe est attribuable à des « traits de personnalité » précis.
Dans l’anorexie, une attitude obsessionnelle envers la nourriture et son image corporelle se manifeste ; dans la boulimie, ce sont les compulsions et l’automutilation qui déclenchent la psychopathologie comportementale ; Enfin, dans le cas du BED, selon l’observation clinique, le manque de contrôle des impulsions représente le méta-phénomène sous-jacent au trouble de l’alimentation. Il est évident que toute approche thérapeutique pour les patients souffrant de troubles du comportement alimentaire doit viser à intégrer les connaissances médicales et psychothérapeutiques.
Par le Dr Giacomo Ciocca – Licence en sexologie – Université de l’Aquila (coordinateur Prof. E. A. Jannini)

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